Se conduire en grec ou en Chinois ?

A un certain moment de ma vie, je me posais à peu près cette question :
Faut-il se conduire en héros et tout renverser sur son passage ou se
conduire en maître Taoïste et s’adapter aux choses avec souplesse ?

En
fait à la racine de cette question, il y a toute la différence entre la
philosophie grecque (que je symboliserai par Platon) et chinoise
(Tchouang Tseu, Lao Tseu les maîtres chan (zen en japonais))…. a
l’époque j’avais écrit un petit texte que je vais retranscrire ici…

Se
conduire en Grecque, c’est se fixer un but, un idéal , concernant sa
vie, la société et essayer de l’atteindre quelles que soient les
difficultés. Action et héroïsme. On recherche une perfection qui n’est
pas de ce monde (monde des archétypes, des idées de Platon).
Enchaînement : but donc théorie-pratique-stratégie donc dualité entre
ce que je voudrais être et ce que je suis donc tension donc angoisse
(parce qu’on n’est pas certain d’arriver à réaliser son idéal).

Etre
Chinois (symboliquement), c’est respecter la Voie, intérieure comme
extérieure. On pourrait presque dire c’est la loi du moindre effort.
Laisser pousser la plante , inconsciemment, naturellement.
Transformation silencieuse, sans hiatus. Séquence : il n’y a rien à
rechercher, être sans but ni esprit de profit (mushotoku en japonais)
donc pas de but pas de philosophie donc pas d’image de ce que je
devrais être, donc unité de l’être. On s’adapte aux circonstances de la
vie, on est présent dans l’instant, on ne se projette pas dans le futur.

Pourtant cette opposition est-elle irréductible ?
Se
conduire en Grecque toute sa vie doit être à force quelque chose
d’épuisant et se conduire en Chinois peut nous entraîner dans une
passivité certaine par rapport aux événements, au monde qui nous
entoure…

Alors que faire : se conduire en Grecque ou en Chinois ?

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A propos Jean-Baptiste Messier

écriture, méditer dans la nuit fraîche sous un pin de la montagne Wu Tang, ceinture noire karate , bouddhisme, rosicrucien, alchimie, nouvelles, taoïsme, zen, astrologie, poésie, la Chine, et une pincée de sensualité ! psychologie, cours par correspondance, pfffiouh la liste s'allonge ! ah science-fiction aussi et puis taï chi !! Qi Qong... voyage, voyage :-)
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10 commentaires pour Se conduire en grec ou en Chinois ?

  1. Patricia dit :

    Présenté comme ça… je préfère autant rester latine !

  2. Jean-Baptiste dit :

    :)) peut être y a t\’il un juste milieu….

  3. Hécate dit :

    Voilà qui me parait fort interessant comme vision…Claire, pratique…mais tellement réductrice, non? Juste milieu oui..Conciliation des deux conduites. Je ne suis pas certaine que la voie "chinoise"soit passive (le terme me semble réellement réducteur). Le but est envisagé, peut-être la perception et les moyens employés sont moins…"brutaux " (réducteur comme terme aussi)..Mais pour répondre à la question…Je crois être à la croisée entre les deux voies encore un peu de la première (et completement suivant les domaines envisagés) et déjà un pied sur l\’autre…Ne peut-on pas envisager de marcher sur deux chemins paralelles?

  4. Jean-Baptiste dit :

    marcher sur ces deux chemins parallèles ou trouver un point de jonction ?

  5. Dominic dit :

    Le but, l\’action, viennent souvent d\’un moment, de minutes de contemplation où l\’on ne fait que se laisser vivre et inspirer. Au fond, je préfère l\’action, mais je me remets souvent entre les mains du grand universpour trouver l\’objet de l\’action, dans le coeur de ce qui m\’inspire. Souvent, ce qui m\’inspire, c\’est l\’amourou un bien-être dans la réalisation d\’objectifs plaisants et à ma portée. Je ne suis pas un héros grec quicherche gloire, honneur, prestige ou atteinte de buts élevés, mais je me plais à agir dans la zone de l\’inspirationet l\’union à ma propre nature.

  6. Fee d'Hiver dit :

    Etrangement, je pense que nous avons des passages "obligés" dans notre vie, comme des "tests" (non, le terme est impropre), des points d\’enrichissement inévitables, qui nous permettent de devenir celui ou celle que nous devons être avec le degré de "plénitude" et de "sagesse" nécessaire à la bonne compréhension de l\’obstacle ou du "test" qui se présente. Je ne suis pas certaine que le chemin que nous suivions pour atteindre ces points de prise de conscience et d\’évolution personnelle soit primordial. Peu importe le comportement, le "comment", le "où" vous cheminez et le "quand" vous parviendrez, l\’intérêt est de parvenir à garder en vue l\’échelon passer pour atteindre le niveau suivant et grapiller au passage quelques indices pour celui encore suivant (un peu comme les jeux de plateforme modernes).De toute façon, vous passerez par ce point là, il est nécessaire, utile et vital à votre propre évolution. Je pense même que ce point de "prise de conscience" peut intervenir plusieurs fois au cours d\’une "vie" (les impressions de "déà vu", déjà ressenti). Mais que nous ne le franchirons que quand nous serons prêts à assumer en toute conscience ce pas. Un peu comme si la vie était sphérique et que nous errions en tout sens et en tout point allant venant tournant virant suivant des circonvolutions complexes et propress à chacun au gré de ses rencontres, des évènements, et des points de rupture spirituels (au sens esprit du terme et non âme). Je sens que je suis très floue encore…

  7. canelle dit :

    Bonjourà cause d\’une expérience hors du commun (c\’est à dire qui a bouleversé ma vision des choses et de la vie en particulier) j\’accepte aujourd\’hui la loi du Tao , la loi du Karma qui m\’a été imposé , et ce n\’est pas toujours facile !Merci pour cette réflexion .

  8. Freki dit :

    Je ne voudrais pas paraphraser ce qui fut déjà bien écrit…comme une alternative au comportement individuel sinogrec (n\’en déplaise à Gougenheim, lol!), je citerai donc un passage de l\’Edda poétique de Régis Boyer:"Prendre le Destin en charge, ou vénérer le sacré vivant en soiDe tout ce qui vient d\’être dit, on aura déduit sans peine que le sentiment de mépris pour soi-même était inconnu des Germains. C\’eût été une manière de sacrilège, puisque chacun était le dépositaire de cette force de vie, de cette capacité de chance qu\’était l\’eiginn màttr ok megin. Au sens religieux du terme, l\’homme était possédé du Destin. Par une conséquence toute naturelle, exceptionnellement conscient de son destin, il se veut un destin exceptionnel : toute la grandeur – et toute la faiblesse – du Germain païen est là. Suivons cette progression : l\’Être à l\’état pur, c\’est le Destin ; il est donné à chaque individu de participer à cet être dès sa naissance ; il n\’y a donc pas de solution de continuité radicale entre l\’Être et l\’individu. Lorsque l\’Islandais dit : svà segir hugr mér ("J\’ai le sentiment, le pressentiment que, ma conscience me dit que"), il sait bien que ce n\’est pas exactement lui qui parle, mais cette force en lui qui anime ses reins et son coeur. Il y a quelque chose en lui qui est sacré ou qui témoigne du sacré, c\’est cela qui l\’incite à s\’accepter lui-même, qui le rend digne de vivre et qui rend la vie digne de lui. Tel est le fondement de son courage, et aussi de son honneur. L\’appartenance à un monde transcendantIl revient donc à l\’individu de manifester à son tour cette appartenance au monde du transcendant, de faire valoir cette dignité : c\’est cela qu\’il appelle son honneur, avec une richesse de lexique aussi grande qu\’en ce qui concerne le Destin (heidr, sômi, virding, metord, tirr, ordstir, frcegd, scemd). Si le sacré vit en l\’homme, celui-ci en est rendu éminent. Mais il importe que nul n\’en ignore. De cela découlent deux conséquences capitales : a) la dignité de l\’homme, sa grandeur seront d\’accomplir sa destinée, de l\’incarner volontairement, de la prendre en charge ; b) il n\’y a pas de solitaire : la mesure de cet accomplissement se prend au regard d\’autrui, dont le témoignage a force de consécration publique.Il faut développer chacun de ces deux points. Nous reviendrons à la notion de gaefa-gifta que nous évoquions plus haut. C\’est ce que le Destin a concédé à l\’homme, son lot, dirions-nous. Il faut remarquer que cette capacité est individuelle, elle ne s\’étend pas à la famille ou au clan. Ensuite, qu\’elle n\’est pas acquise une fois pour toutes : le gaefumadr, l\’homme qui a la gaefa, est susceptible de la perdre s\’il a dérogé, et inversement, à force de courage, l\’ôgcefumadr, celui qui n\’a pas eu la gcefa, est capable de l\’acquérir. Nous possédons même, avec la saga de Hrafnkell prêtre de Freyr, un bel exemple, littéraire à souhait il est vrai, de gaefumadr qui a déchu, puis qui a su retrouver par son énergie sa fortune première. Ici, à qui ose entreprendre il n\’est rien d\’impossible. Voici donc la notion de destin individualisée et prise en charge. Le Germain n\’a pas choisi d\’être tel qu\’il est. Mais il lui appartient : 1) de connaître ce qu\’il est, 2) de l\’accepter sans barguigner, 3) de l\’assumer. Dans cette série de verbes tient toute la grandeur épique de l\’univers héroïque germanique ou nordique. Notion grandiose, d\’un caractère tragique évident. Ce qui fait la grandeur de l\’homme, ce n\’est pas une révolte, romantique et vaine, contre le sort : c\’est de s\’en faire l\’artisan volontaire, lucide, conscient. Alors, les perspectives se renversent. Il n\’y a plus de victimes de la fatalité. Si l\’homme assume sa gaefa, le voici gaefumadr, cela se sent, cela se sait, c\’est un chef, il vaincra. S\’il la refuse, c\’est une épave, consciente de l\’être en général. Évidemment, on ne saurait trop mettre en garde contre les défauts du système : d\’abord, cette espèce d\’injustice sociale, nettement exprimée par la Rigsthula que l\’on lira dans les pages qui suivent et qui distingue la race des chefs de celle des hommes libres, puis de celle des esclaves, et qui fonde ainsi une discrimination en soi odieuse entre ceux auxquels le Destin s\’intéresse et ceux qu\’il dédaigne."A voir, à discuter…

  9. Fee d'Hiver dit :

    Eruditus magister lupus, dans l\’art de la guerre, on a toujours plaisir à lire vos références.Merci pour la méditation.

  10. Freki dit :

    Et le propre de l\’art est d\’être inutile… 😉

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