La main invisible… Adam Smith

Bon mes ami(e)s, accrochez vous on va faire un peu d’économie ^^. A partir d’aujourd’hui et pour quelques articles, je vais parler de la main invisible, concept élaboré par un économiste écossais, Adam Smith. C’est ce concept qui justifie la non-intervention de l’Etat dans l’économie car la Providence divine assure l’équilibre naturel de tous les marchés et même celui de l’emploi. Toutes nos économies occidentales sont basées sur ce principe, alors c’est essentiel non, de comprendre le pourquoi du comment ? :-).

Commençons….

La main invisible chez Adam Smith.

Si un astronome prétend que Jupiter a une orbite carrée, ce n’est pas pour autant que Jupiter va modifier sa course et décrire un carré autour du soleil. Il n’en est pas de même en économie. Plus que dans toute autre science, on ne peut séparer le discours positif du discours normatif, parce qu’il a une interaction permanente entre le discours de l’observateur, l’économiste, et pour l’observé, l’agent économique et de façon moins réductrice, l’homme. C’est pourquoi le choix de postulats de départ est très délicat pour au moins deux raisons. Tout d’abord on admettra sans peine que la nature de l’homme est malléable et multiforme et que le réduire à de grands invariants, à une nature statique, si cela est nécessaire pour la réflexion, peut s’avérer très contestable. D’autre part, le discours de l’économiste s’adresse à la masse et en cela il est un véritable producteur de normes au sens sociologique du terme, c’est à dire que par son discours l’économiste influence le comportement des agents : Lénine ne disait-il pas que les idées sont des forces matérielles lorsqu’elles possèdent les masses ? L’économiste du fait même qu’il ne peut s’extraire de la réalité qu’il prétend décrire alors même que celle-ci par sa complexité échappe à son entendement est forcément amené à se tromper et la Réalité se chargera toujours de lui montrer l’importance de son erreur.

Ce long détour me permet d’expliquer en quoi consiste, de mon point de vue, le « vrai » problème de Smith. Il n’est pas rare quand on le lit de le voir vilipender la corruption des sentiments moraux et d’un autre côté prétendre que la poursuite de l’intérêt individuel assure le bon fonctionnement général de la société. Il y a donc un hiatus. C’est comme si il se désolait des conséquences normatives de ses réflexions positives ! La question centrale de Smith est : « Quelle est l’origine des sentiments moraux, d’où vient la justice, qu’est ce qui fait qu’on peut vivre ensemble ? »

La « main invisible » est l’une des réponses à cette question. La postérité ne s’est sans doute pas trompé sur l’importance de ce concept qui n’apparaît pourtant que trois fois dans son œuvre. Dans une première partie, j’examinerai au plus près des textes la signification de la main invisible, son côté positif, et dans une deuxième partie, ses implications normatives.

(to be continued la semaine prochaine ! faites pas cette tête ^^ et bon week-end !)

PS :

Petit rappel de sociologie, la norme est :

Une norme, au sens sociologique du terme, représente un comportement généralement observé dans un contexte donné.

La conception de normalité ou d’anormalité en sociologie est vierge de tout jugement de valeur et se rapporte plutôt au concept sociologique de déviance.

Il existe deux types de normes en sociologie. La première, la norme formelle, est une loi ou une règle officielle régie par des personnes influentes. La seconde, la norme informelle, est une façon de se comporter dans la société qui n’est pas obligatoire, mais dont les membres de la collectivité trouvent nécessaire à son bon fonctionnement. (source : wikipedia)

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A propos Jean-Baptiste Messier

écriture, méditer dans la nuit fraîche sous un pin de la montagne Wu Tang, ceinture noire karate , bouddhisme, rosicrucien, alchimie, nouvelles, taoïsme, zen, astrologie, poésie, la Chine, et une pincée de sensualité ! psychologie, cours par correspondance, pfffiouh la liste s'allonge ! ah science-fiction aussi et puis taï chi !! Qi Qong... voyage, voyage :-)
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40 commentaires pour La main invisible… Adam Smith

  1. Drenagoram dit :

    Bonjour JB ,
    Un Article bien Visible ,
    Qui va un peu dans Toute l’Essence ,
    L’économie ne peut Marché ,
    Que s’il elle donne un peu de Fruits ,
    A ceux qui veulent bien en Manger .
    Il ne faut pas Perdre Connaissances ,
    Que Tout Ceci est bien Ficelé ,
    Il n’a pas l’Ombre d’une Main ,
    Mais tout le Joug d’un simple Poing.
    L’économie c’est des pensées ,
    Alors qu’en fait c’est ammaser.
    D’un jour à l’Autre tout peut Chuter ,
    Et tu verras dans le JT ,
    Le même Expert s’en Expliquer ,
    Et de la Veille se parjurer .
    Le Sytème Tient mais Hors Contrôle ,
    Donnant Milliard sous Perfusion ,
    Alors que Toi tu touches un Grain ,
    Tout les Bonnets ont le Beau Rôle ,
    Nous expliquant , qu’ils n’y peuvent Rien ,
    Il n’y à pas Traces de Bonnes Actions ,
    Mais des Profits qui lavent les Mains.
    Est l’ Invisible est un Malin.
    NéO~

  2. « Mais des Profits qui lavent les Mains.
    Est l’ Invisible est un Malin. »

    Et à la fin de l’envoi, je touche 😉 merci Néo !

  3. M.H. dit :

    @ l’auteur,
    « D’autre part, le discours de l’économiste s’adresse à la masse et en cela il est un véritable producteur de normes au sens sociologique du terme, c’est à dire que par son discours l’économiste influence le comportement des agents  »

    Je rectifie. Ce sont les économistes « mainstream », le plus souvent interventionnistes, qui préconisent des remèdes aux soit-disantes défaillances de marché. C’est le courant dominant. Les autrichiens de l’école autrichienne, un courant très minoritaire, estime qu’un économiste ne doit pas prescrire des remèdes. Il doit dire à l’état ce qu’il ne doit pas faire, et non pas ce qu’il doit faire.

    Quant à votre version de la main invisible, je dirais plutôt « on se fait plaisir en faisant plaisir à sa conjointe ». Ne dit-on pas qu’il n’y a pas de plaisir quand celui-ci n’est pas partagé ?
    Notons enfin que la main invisible ne signifie pas que les actions collectives n’existent pas dans une société libre. Elles seront simplement volontaires, et non centralisées, non forcées.

    • Geslot dit :

      Bonjour M.H
      Vous dites que l’école autrichienne est minoritaire, soit, mais en avez vous un commencement de preuve?
      De plus en quoi « dire ce qu’il ne faut pas faire » est vraiment différent de « dire ce qu’il faut faire » quand, la plupart du temps, celui qui décide pour les autres de ce qu’il va faire pour eux, n’est rien d’autre que celui qui estime avoir le droit de dire aux autres ce qu’ils doivent faire dans « l’intérêt commun »?
      Et, en quoi une action non centralisée permet-elle de vivre dans une société plus libre qu’une action centralisée? Vous avez tendance à confondre décision décentralisée et décision libre or, peut-être bien qu’une société est d’autant moins libre que les individus ne font que ce qu’ils croient librement vouloir.
      N.G

      • « bien qu’une société est d’autant moins libre que les individus ne font que ce qu’ils croient librement vouloir. »

        à méditer 😉

      • Drenagoram dit :

                                            Liberté

        Le Monde évoque un Souffle Blanc ,
        Pour Un seul Mot , Combien de Heurts ?
        Une Onde de Choc est en Mouvement ,
        Et son Echo se fait Pressant ,
        Emportant Tout , au Fil des Heures ,
        Pour ceux qui Sondent en Gouvernant ,
        Le Vent d’une Fronde est Oppressant .
         
        En peines s’écroulent nos Libertés ,
        Par Tant de Thèmes , en Sols Majeurs ,
        Il n’y à pas d’Âges pour S’enivrer .
        Tels sont les Maux d’une Douce Musique ,
        Ceux qui régnaient , connaissent la Peur ,
        Le Chant du Monde nait Libéré ,
        Ses Belles Paroles aiment l’Epique ,
        Un Vent d’Histoires va s’essouffler .
         
        Une Foule en Hors cherche son Coeur ,
        A battre le Sol par les Pavés ,
        Une Longue Chaine , aux Fers Malheurs ,
        Propriétaires en Biens Privés .
        Des Clans d’Hiers , Hauts Dictateurs ,
        Découvrent alors qu’il faut Payer ,
        Ce que l’on Sème , sans faire de Fleurs ,
        Des Intérêts Particuliers .

        A ses Maillons , s’accrochent nos Vies ,
        Chacun en Soi , l’aimerait Goûter ,
        Et pour Long Temps , fuir la Haine ,
        Qu’il y à de Vivre , sans Libertés .
        Laisser à l’Onde , Germer la Graine ,
        Comme les Arbres , Trouver sa Voie ,
        Connaître en Faim , un peu de Paix ,
        Sous d’Autres Règnes , Enfer du droit ,
        Quand d’autres Saignent au Nom de la Loi .
         
        Que reste t-il aux Fond d’un Acte ,
        C’est dans l’ et Puis , que j’ai jeté ,
        Pour nos enfants , Signer le Pacte ,
        Je n’ai plus Peur , de me Dévouer ,
        Je sais ma quête , à l’ Heurt exacte ,
        Ce Grand Combat , d’ Egalités .

        On la Sème comme on l’Aime ,
        Elle est en Mains , multiplié ,
        D’un Libre Arbitre , aux Vents Autours.
        Seule l’Injustice peut la Relier ,
        A celui qui la Porte ,On l’envie pour Toujours ,
        « Poing de Flegme à trop Crié « 
        Cet Eclat qui le Porte , à Tout vivre par Amour ,
        A finit par céder , et son Corps sut Plier ,
        Liberté ma Chair ,Tu es Sel d’un Jour ,
        Que le Peuple me suive , le Tyran va céder !

        En secondes je vis , dans un Monde de Vautours ,
        Sur l’Autel des Désirs , contre Vents à Marées ,
        Eteint celle d’une Flamme , dans le Feu de l’An Nuit ,
        Brûle un Phare de Vies , Eternelles d’espoirs ,
        Pour les Temps à venir , au déclins de nos Lies
        Elle Aspire pourtant , tout ces Corps dans le Noir ,
        La Violence est une Danse , qui la Terre Détruit ,
        Et le Sang versera , sans une Once de Savoirs ,
        L’Innocent lui sera , une Réponse à l’Histoire .
         
        Je suis Libre sans Vouloir , par la Faute d’écrits ,
        Prisonnier sans le Voir , Des Barreaux du Mépris
        Dans ma Cage A Dorée , les Couleurs sont des Gris
        Des Saveurs du Passé , Reste l’ombre des Souvenirs ,
        Plus le Temps de Mourir , je n’ai pas parti Pris ,
        J’aimais Tant cette Vie , je me dois d’y souscrire.
         
        Dehors , son Souffle Rêve , galvanise les Foules ,
        Fait lever les Anciens , Electrise les Jeunes ,
        Quelle est au Monde notre vrai Nature ?
        Les Têtes Tombent , Chutent les Murs ,
        Elle est Force de Foi , Onde Libre et sans Lois ,
        Déchainant les Carcans , Quand les Masses s’enroulent ,
        Demain déjà d’Autres Viendront ,
        Faire le V d’une Victoire et parler en son Nom ,
        Remplacer les Sultans et Promettre à la Ronde ,
        Un Printemps de Raisons , peut Fleurir Parfois ,
        Mais pour Combien d’élans , en recul du Monde ?
         
        Libèrant les Destins , sous les vents de la Houle ,
        On peut Vivre sans Argent et avoir un Visage ,
        Comme l’étaient nos Anciens au sortir du Moule ,
        C’est le Signe du Temps , une Aurore en Partage ,
        A quoi bon La Révolte , Les Raisins d’une Colère ,
        Si demain est de Vain , si l’on est guère plus Sage ,
        L’ étendard déployé forme des Vagues Libertaires ,
        Aux Héraults s’en va l’Onde apporter son Hommage ,
        Porter Haut à l’égard , les Couleurs d’une Mère.
         
                                            NéO~

        http://drenagoram4444.wordpress.com/neo/liberte/

  4. « on se fait plaisir en faisant plaisir à sa conjointe ». Ne dit-on pas qu’il n’y a pas de plaisir quand celui-ci n’est pas partagé ? » hé bien voilà, c’est tout l’enjeu de la théorie des jeux et de son équilibre de coopération et non de compétition (voir Nash). Je reviendrai plus tard commenter. Merci de votre intervention.

  5. En parlant de l’école autrichienne, j’imagine que vous faites référence à Hayek ? J’ai beaucoup aimé lire « Droit, législation et liberté ». Je trouve qu’il a une écriture simple et des réflexions très intéressantes. Mais la non-intervention n’est pas une panacée et en soi ça constitue une norme de comportement là encore. Ne pas intervenir, faire du statu quo, laisser oeuvrer le système revient à encourager les inégalités, en clair favoriser les riches, et il me semble qu’Hayek était parfaitement conscient de cette conséquence obligatoire. Le système livré à lui même favorise les plus gros, c’est la loi de la jungle ni plus ni moins. Après avoir étudié Smith, j’en viendrai à étudier la notion de justice sociale justement en parlant de Hayek mais aussi Rawls et Rousseau.

  6. M.H. dit :

    Messier,
    « En parlant de l’école autrichienne, j’imagine que vous faites référence à Hayek ? »
    Hayek, mais aussi Mises, et d’une certaine façon Rothbard. Hayek avait certes des réflexions intéressantes, mais je n’ai pas lu « Droit, législation et liberté ». J’ai plutôt lu de lui, des livres très techniques, très économique. Par exemple, « Prices and Production » ou encore « The Pure Theory of Capital ». Ce sont de très bons livres, qui expliquent parfaitement les crises que nous traversons aujourd’hui, les formations de bulles, etc. Elles ont toutes des causes monétaires, et étatiques, puisque c’est l’état qui en ayant la mainmise sur la monnaie la manipule selon ses bons désirs.

    « Ne pas intervenir, faire du statu quo, laisser oeuvrer le système revient à encourager les inégalités »
    Cela dépend ce qu’on entend par inégalités. L’économie n’est pas un zero-sum game. Les riches ne s’enrichissent pas au détriment des pauvres. La croissance enrichit tout le monde. Simplement, les riches s’enrichissent plus vite que les pauvres. C’est cela que n’aiment pas les socialistes. Si ça reste gênant malgré tout, on peut redistribuer les richesses, mais il faut comprendre que cela risque fort de tuer la croissance. En terme relatif, les pauvres sont moins pauvres, mais en terme absolu, ils sont plus pauvres.

    « Le système livré à lui même favorise les plus gros, c’est la loi de la jungle ni plus ni moins. »
    Ce que dit la main invisible, c’est que chacun cherchant à maximiser son propre intérêt va conduire à maximiser l’intérêt des autres. Si je suis un marchand, j’exigerais de mes employés qu’ils donnent le maximum au travail. De ce fait, mes produits sont de qualités, et l’utilité du consommateur est maximisé. Le mien aussi. Si au contraire, je n’étais pas exigeant, mon salarié attrapera le syndrome du fonctionnaire, et ne fournira que la moitié de ses capacités productives, sans entrain, sans effort, parce que son salaire est invariable. Le produit est de moindre qualité, et l’utilité du consommateur en est d’autant réduit. De même, si le consommateur a des préférences et des exigences, c’est une bonne chose. S’il ne l’était pas, les marchands ne fourniraient aucun effort pour produire des marchandises de qualité, puisque le consommateur dépenserait sans discernement entre ce qui est bon et ce qui ne l’est pas.
    C’est le système de concurrence qui veut ça. C’est la concurrence qui nous donne le choix d’arbitrer selon nos goûts et nos préférences.

    • Geslot dit :

      Bonjour M.H
      Bravo, revoici le couplet éculé et pour le moins, peu convaincant selon lequel un fonctionnaire est d’autant moins intéressé à bien faire son travail qu’il n’y est pas motivé par « l’ intéressement au « profit » « qu’il engendre. Dire cela revient tout simplement à dire aux fonctionnaires ce qu’ils devraient faire par intérêt. Or en quoi n’est ce pas « normatif » ? et surtout qu’est ce faire d’autre que dire « soyez intéressé »? Donc on pourrait vous rétorquez que la concurrence c’est l’art de produire en masse des médiocres et ici la médiocrité se définirait par « la volonté de maximiser ses intérêts ».

  7. Le problème, voyez vous pour moi c’est la différence entre la théorie et la pratique. Je suis d’accord pour dire que la croissance, et l’enrichissement devrait (zut je peux pas mettre en italique) profiter aussi aux pauvres, mais il me semble que de nombreux exemples dans la réalité dénie ce genre de propos surtout s’il n’y a pas de redistribution. Regarder les statistiques sur le nombre de repas offerts par les restos du coeur, c’est effarant !
    Par ailleurs vous avez (je ne veux pas vous vexer) une logique assez simple de l’effort, vous me dites les fonctionnaires ne fournissent pas d’effort parce que le salaire est invariable. Mais l’effort ne dépend pas uniquement du salaire (je vous renvoie à « la logique de l’honneur » d’Iribarne par exemple), il existe d’autres motivations, je peux vous dire pour avoir côtoyé infirmières et sages femmes que leur entrain n’est en rien proportionnel à leur salaire, c’est beaucoup trop simpliste comme vision je trouve.

    En tous cas encore merci de vos remarques.

  8. M.H. dit :

    Messier,
    « Le problème, voyez vous pour moi c’est la différence entre la théorie et la pratique. »
    C’est surtout que la théorie est approuvée par les faits. Ce n’est une « simple » théorie, n’en déplaise.

    « Regarder les statistiques sur le nombre de repas offerts par les restos du coeur, c’est effarant ! »
    La main invisible ne dit pas que les actions collectives et/ou caritatives ne peuvent pas exister. La preuve, vous la donnez très justement. Et je ne crois pas que les libéraux soient hostiles à ce genre d’initiatives.
    Puis, vous savez, le fait qu’il existe de la pauvreté ne signifie pas que l’économie est un zero-sum game. Corrélation n’est pas causalité. En outre, la pauvreté a de multiples causes : chômage du fait des rigidités du marché du travail, défaillances du système scolaire en matière de débouchés, de l’inflation etc.
    Il est très faux de dire que la richesse des uns se fait au détriment des autres. Sans redistribution, tout le monde est plus riche en terme absolu, même si les riches s’enrichissent plus vite. très certainement parce qu’ils ont une plus forte épargne qu’ils peuvent faire fructifier. Donc oui, ils s’enrichissent plus vite, mais pas au détriment des pauvres.
    C’est subjectif, mais je crois préférer que les pauvres soient pauvres en terme relatif qu’en terme absolu. Maintenant, on peut préférer l’inverse : c’est un point de vue que je comprends, même si je n’adhère pas.

    « vous me dites les fonctionnaires ne fournissent pas d’effort parce que le salaire est invariable. »
    Pourtant, on remarque fort bien « généralement » que la productivité du public est inférieure à celle du privé. Et ce n’est pas un secret de polichinelle. Ce n’est pas une « théorie » même s’il est vrai qu’il déplait fortement aux socialistes. Le public prodiguant des services « gratuits » n’a pas ce petit aiguillon de la concurrence qui vient donner un coup de boost à la productivité.
    Il est évident maintenant que si l’on se contente de regarder uniquement du petit bout de sa lorgnette, et que l’on si tient dur comme fer, on va au-delà de grandes désillusions. J’ai déjà entendu des gens comme vous affirmer avoir rencontré des fonctionnaires entreprenants : il doit forcément y en avoir, effectivement. Le problème vient que c’est votre point de vue. Parce que de mon point de vue, de mon expérience personnelle donc, les fonctionnaires sont d’horribles fainéants (et je ne parle pas seulement des guichets SNCF). Le mieux donc, c’est de s’en référer aux statistiques, parce que les simples témoignages vont dans un sens comme dans l’autre. C’est pourquoi on ne peut en retirer aucune conclusion.

    • « La main invisible ne dit pas que les actions collectives et/ou caritatives ne peuvent pas exister. La preuve, vous la donnez très justement. Et je ne crois pas que les libéraux soient hostiles à ce genre d’initiatives. »
      Je vous cite l’exemple des restos du coeur pour montrer l’augmentation concrète de la pauvreté. Par ailleurs si on parle de statistiques, j’aimerais bien voir la part du loyer dans le budget des ménages au fil du temps, mais ça c’est une étude à faire.
      Votre discours économique est quand même très calibré, et il me semble que Keynes avait parfaitement dit que dans le capitalisme existait des équilibre de sous emploi, donc vous laissez traîner ?
      Et concrétement puisque vous parlez de fonctionnaires, je vais parler de patron, il est très courant d’observer que les patrons baissent au maximum les salaires et cela naturellement pour augmenter leur profits. Ils baissent les salaires ou font enchaîner les CDD au maximum. C’est naturel.

  9. samia dit :

    Salut JB,… si j’ai bien compris, la main invisible, ce sont tous ces experts ou prétendus tels qui réduisent les individus bien vivants à des normes ou paramètres qu’ils manipulent et influencent à volonté ?

    • Bonjour Samia,
      Non, la main invisible comme je l’expliquerai dans les articles est un concept selon lequel l’Etat n’a pas à intervenir pour réguler le marché car soit une harmonie naturelle, soit la Providence contribue à l’équilibre et à la prospérité des nations.

      Pour les experts qui réduisent les individus à des paramètres ou des paradigmes, on appelle ça des économistes :). Le problème est que le discours économique ou même la science économique n’est pas neutre, elle observe l’économie mais elle l’influence aussi et effectivement quand on n’est pas naïf, il s’agit de voir à qui profite le « crime » (c’est une image).

  10. M.H. dit :

    Messier franchement…
    « Pour les experts qui réduisent les individus à des paramètres ou des paradigmes, on appelle ça des économistes »
    Ce n’est pas complètement faux, remarquez. Malheureusement, c’est assez caricatural. Les économistes savent pertinemment qu’ils ne vont pas pouvoir mesure le bonheur des gens avec un équerre et un compas.

  11. ah bon ? pourtant il m’a semblé entendre parlé d’homo oeconomicus 😉 : je fais un rappel pour ceux qui ne sont pas initiés à la science économique, voici comment sont schématisé les hommes et les femmes dans la science économique et pour être plus précis néoclassique (très largement enseigne comme cadre de réflexion en France) :

    « L’Homo œconomicus est considéré comme rationnel. Autrement dit, cet individu

    * a des préférences et qu’il peut ordonner. Si ainsi il préfère les pommes aux poires et aussi les poires aux bananes, alors il préfèrera les pommes aux bananes. C’est la transitivité.

    * est capable de maximiser sa satisfaction en utilisant au mieux ses ressources : il maximisera son utilité (et non pas son profit).

    * sait analyser et anticiper le mieux possible la situation et les événements du monde qui l’entoure afin de prendre les décisions permettant cette maximisation

    La notion d’utilité s’assimile fréquemment en économie à la notion de bien-être. Ainsi la somme des utilités des individus d’une société est considérée comme le bien-être social.

    En attribuant à tous les agents économiques ces caractéristiques rationnelles, et si le marché est entièrement libre, on peut bâtir des modèles économiques maximisant l’utilité de chacun autrement dit conforme à la sous-hypothèse de l’efficience du marché »

  12. M.H. dit :

    Messier,
    Je vois plutôt la pauvreté là où l’on trouve les économies socialistes. Encore une fois, l’économie n’est pas un jeu à somme nulle. C’est juste que les riches s’enrichissent plus vite. Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura jamais de pauvres mais en terme absolu, la pauvreté régresse. Sauf quand des politiques du travail font sciemment ou inconsciemment grimper le taux de chômage, ou réduire le pouvoir d’achat via l’inflation.
    « Par ailleurs si on parle de statistiques, j’aimerais bien voir la part du loyer dans le budget des ménages au fil du temps, mais ça c’est une étude à faire. »
    L’immobilier augmente plus vite que tout le reste, c’est un fait. C’est ce qu’explique Hayek dans son Prices and Production. Les injections de billets des banques centrales font que les prix des biens durables, et particulièrement l’immobilier augmentent plus que les salaires nominaux. Donc les salaires réels régressent. C’est une forme d’inflation. Elle a de ça de particulier qu’elle est extrêmement vicieuse contrairement ce que racontent les économistes néoclassiques et les keynésiens, l’inflation n’est pas partout homogène. Elle engendre des distorsions de prix, ce qui signifie que les prix n’augmentent pas tous à la même vitesse. Les biens non durable, comptabilisés dans l’IPC, n’augmentent que très peu, alors que les bien durables augmentent par 1000 chaque année. C’est bien une perte de pouvoir d’achat, mais les économistes mainstream considèrent qu’il n’y a pas d’inflation, si l’IPC est plus ou moins stable.

    « il me semble que Keynes avait parfaitement dit que dans le capitalisme existait des équilibre de sous emploi »
    C’est pas parce qu’il le dit qu’il a raison. Et il a tort. Ces équilibres de sous-emploi, ce sont les rigidités de salaires… causées par le gouvernement lui-même.

    Pour ce qui est des patrons qui abaissent les salaires, tout dépend de l’offre et de la demande. Si vous avez un afflux d’immigrés peu qualifiés, ils viennent concurrencer nos travailleurs peu qualifiés. Donc selon l’offre et la demande, les salaires non qualifiés baissent. Le remède ? Former plus de main d’œuvre qualifiée. L’éducation tient donc un rôle majeur dans la réduction d’inégalité. Si l’éducation est défaillante en revanche… vous devinez la suite.

    • « C’est pas parce qu’il le dit qu’il a raison. Et il a tort. Ces équilibres de sous-emploi, ce sont les rigidités de salaires… causées par le gouvernement lui-même. »

      bon on va continuer la logique si vous le voulez bien, ce que vous sous entendez il me semble ce serait par exemple de supprimer le salaire minimum, le SMIC pour être clair. comme ça nous n’avons plus de chômage, mais des travailleurs payés à 300 euros par moi pendant que des golden boys ou le sélectionneur de l’équipe de France gagne plus que le président de la république. Vous comprenez qu’autant d’inégalité amènerait à terme à une révolution ? Les hommes et les femmes ne sont pas de simples data dans une base de données et on les fait rentrer dans notre modèle économétrique.

      • M.H. dit :

        « ce que vous sous entendez il me semble ce serait par exemple de supprimer le salaire minimum, le SMIC pour être clair »
        J’ai précisé dans mon post précédent que la clé, c’est l’éducation. Êtes-vous d’accord avec cela ?
        J’ai appliqué la vieille formule de l’offre et de la demande qui veut que lorsque les travailleurs non qualifiés sont trop nombreux, leur taux de salaire diminuent. Sommes-nous d’accord ? Je dis ensuite que l’éducation doit former plus de main d’œuvres qualifiés pour corriger ce déséquilibre. Êtes-vous d’accord ? Si le système éducatif y parvient, le SMIC ne perd-il pas de son intérêt ?

        « Vous comprenez qu’autant d’inégalité amènerait à terme à une révolution ? »
        Il faudrait m’expliquer en quoi. En terme absolu, tout le monde est plus riche. Sommes-nous au moins, sur ce point, d’accord ? Pourquoi donc les inégalités mènent à révolution ? par jalousie des pauvres ? encore faut-il le prouver. Je ne crois pas qu’il existe des preuves historiques qui en attestent.
        Je crois plutôt que les révolutions ont lieu lorsqu’une partie étendue de la population meurt de faim. Rien à voir avec la montée des inégalités. Si je suis pauvre, que j’ai un ordinateur, deux voitures, propriétaire d’une maison, d’un garage, et si je peux partir en vacances chaque année, pourquoi irai-je me plaindre ? J’ai un ami qui gagne le SMIC, et franchement, il vit très bien.

  13. M.H. dit :

    sorry pour le double-post
    « Si je suis pauvre, que j’ai un ordinateur, deux voitures, propriétaire d’une maison, »
    Je voulais dire : si je suis pauvre, relativement parlant.

  14. humm un smicard propriétaire avec deux voitures, j’en connais pas bcp. J’imagine que vous avez entendu parlé des travailleurs pauvres ? un smicard à Paris, il survit.

    bien sûr que les inégalités surtout si elles sont ressenties comme injustes sont germes de troubles sociaux, pensons aux différentes révoltes dans les banlieues par exemple.

    quant au rôle de l’éducation je suis bien d’accord !
    Sur le fait que tout le monde est plus riche, non je ne suis pas d’accord, et je vous ai cité l’ex des restos du coeur et la part des loyers dans le budget des foyers modestes comme arguments.

    Je vais vous souhaiter une bonne soirée, là faut que je fasse la cuisine, mais encore merci pour cet échange de point de vue qui intéressera plus d’un(e) je pense.

    • M.H. dit :

      « Sur le fait que tout le monde est plus riche, non je ne suis pas d’accord, et je vous ai cité l’ex des restos du coeur et la part des loyers dans le budget des foyers modestes comme arguments. »

      Êtes-vous d’accord au moins qu’il y a d’autres causes de pauvreté ? Le fait que l’immobilier monte plus vite que les revenus pose problème. C’est à cause de l’Etat : la banque centrale imprime des billets et dévalue votre monnaie, en vous rendant plus pauvre. Le SMIC met au chômage ceux qui ont faible productivité au travail. Est-ce que tout ça a quelque chose à voir avec le « privé » ? Non du tout.
      L’économie n’est pas un jeu à somme nulle où les uns gagnent ce que les autres perdent. Mêmes les économistes socialistes admettent volontiers ce qui est ou devrait être une vérité connue par tous. La liberté économique accroit les inégalités mais en terme absolu, chacun devient plus riche.
      Bien sûr, le fait qu’on soit tous globalement plus riches ne signifie pas qu’il n’y aura plus de pauvres. Mais ça tend à se réduire.

      Et franchement, quand on voit ce que devient la Chine après ouverture de son économie…
      Les inégalités ont grimpé, mais tout le monde est devenu plus riche. La croissance est évidemment très concentrée géographiquement, parce que la Chine est un grand pays. Mais ce n’est qu’une question de temps avant que les zones encore « sensibles » ne puissent jouir bientôt des bienfaits de la consommation. Et pourtant, même après ouverture de la chine, les pays européens/américains ne sont pas devenus plus pauvres. Au contraire. Les données révèlent que les revenus réels n’ont jamais cessé de grimpé depuis plus de 40 ans déjà.

      • M.H. dit :

        J’oubliais. Si réellement l’économie est un jeu à somme nulle où les uns gagnent ce que les autres perdent. Pourquoi le niveau de vie du ménage moyen d’aujourd’hui est cent fois supérieur à celui du paysan de 1850 ? Si l’économie est à somme nulle, toute chose égale, il est impossible que le niveau de vie du « ménage moyen » puisse être de quelque part que ce soit supérieur au paysan de 1850.

  15. M.H. dit :

    Désolé, j’ai sauté ce passage.
    « bien sûr que les inégalités surtout si elles sont ressenties comme injustes sont germes de troubles sociaux, pensons aux différentes révoltes dans les banlieues par exemple. »

    C’est un argument qu’on m’a souvent ressorti pour défendre l’idée que les inégalités génèrent des tensions. Mais existe-t-il une seule preuve historique ? Les révoltes des banlieues ? Vous parlez des jeunes des banlieues ? ça n’a rien à voir si vous voulez mon avis. Je suis presque sûr que cette violence est liée à l’exclusion sociale (chômage élevé dans les banlieues, surtout les jeunes) : le manque de repères et d’intégration. Peut-être aussi que les immigrés ne s’adaptent pas forcément aussi bien qu’ils le voudraient. La vision qu’on se fait des quartiers sensibles les dévalorisent, et les patrons sont réticents à embaucher des gens qui viennent directement des « quartiers à problème ». Pour réduire la violence, il y a deux choses à faire en priorité; les remettre au travail, et améliorer l’intégration des immigrés.
    Des rares lectures que j’ai eu à ce sujet, c’est l’argument que j’ai développé. Mais la violence des banlieues, vous pouvez m’en croire, elle est difficilement explicable, même pour les spécialistes qui ont tous des avis contraires. La théorie des inégalités est insuffisante, à supposer déjà qu’elle soit vraie.

  16. saiphilippe dit :

    Il a bon dos Adam, c’est pas lui qui se la prend dans la gueule la main invisible du marché.

  17. :)).

    dans la nouvelle économie de l’offre (un courant théorique qui a inspiré les années Reagan), dans un de leur livre, j’avais lu cette phrase : les idées ont des conséquences. Ça m’avait frappé. (et ça ressemble à du Lénine !)

  18. Sayuri Fleur d'Orient dit :

    Eh bien de ce billet je ne retiendrais qu’une chose les quatres petites vignettes de bd placés à la fin de ce billet qui me font bcp sourire 😀
    L’économie n’est vraiment pas ma tasse de thé, et cela me ramène à des coursque je suivais au lycée et à une prof en particulier qui avait un air très strict et austère….. donc je préfère m’en tenir aux quatres petites vignettes de la fin de ce billet, et l’humour qui s’en dégage…. 😉

  19. je comprends mais ce sera votre pain hebdomaire pour les prochains articles 🙂

  20. nadouche186 dit :

    Coucou JB
    oh la la je suis nulle en Economie, déjà du mal à payer le loyer et
    tout le reste, pfffffffff 😦
    Bon dimanche quand même, tiens j’ai fait un pain d’épice économique,
    je t’en laisse une tranche – lol

  21. giselefayet dit :

    ouh la la je ne crois pas pouvoir m’engager dans une telle discussion, pas que je n’en comprenne le sens mais visiblement je m’opposerais frontalement avec la personne qui affirme que les fonctionnaires sont des fainéants ; je cite « Parce que de mon point de vue, de mon expérience personnelle donc, les fonctionnaires sont d’horribles fainéants (et je ne parle pas seulement des guichets SNCF) »
    Comment peut on affirmer cette généralité sans penser une seconde qu’elle englobe en vrac toutes les personnes dans une négativité blessante.
    Pour avoir exercé une profession libérale et plus tard une profession qui m’a intégrée dans cette catégorie professionnelle des fonctionnaires , je pense avoir vu les deux côtés du problème et je pourrai répondre que les fonctionnaires que j’ai rencontrés ont toujours fait preuve d’un professionnalisme qui aurait été primé dans le monde libéral. Pourquoi faut – il toujours que l’on ne mette derrière ce terme qu’incompétence et fainéantise ?
    « Pourtant, on remarque fort bien « généralement » que la productivité du public est inférieure à celle du privé » en matière d’éducation et de santé je voudrais bien qu’on me le prouve , je suis allée dans des hôpitaux publics où le personnel était d’une rare compétence et ne comptait pas ses heures , mes enfants ont fait leurs études dans des établissements publics où les professeurs (aussi bien en primaire , collège lycée, faculté et autres établissements d’études supérieures ) , eux non plus n’étaient pas avares de leurs heures et où la qualité des cours dispensés a permis à ceux – ci d’avoir aujourd’hui une bonne situation .
    Euh je me suis laissée un peu entrainée, mais j’avais à cœur de corriger unh peu cette vision négative du public , le libéral ne m’a pas séduit loin de là , j’y ai trouvé des comportements s’éloignant de beaucoup de certaines valeurs humanistes qui me sont chères .
    Bisous Jean Baptiste et pardon de m’être un peu étendue

  22. gdm dit :

    « Nous ne comptons pas sur la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger pour nous procurer notre dîner, mais sur l’attention qu’ils portent à leur propre intérêt. Nous ne faisons pas appel à leur sentiment d’humanité, mais à leur amour d’eux-mêmes, et ne leur parlons pas de leurs besoins, mais de leurs intérêts ». Adam Smith

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