La chute, la naissance de la société… Rousseau (2)

II La chute, la naissance de la société

D’où vient que l’homme originel ne reste pas dans cet état d’équilibre et commence pour ainsi dire sa chute ? 

Le problème vient de la perfectibilité de l’homme. L’homme, à la différence de l’animal, possède des capacités latentes d’intellection et de compréhension du monde. Selon Rousseau, ces capacités ne se développent que du fait d’événements extérieurs et non selon un moteur propre à la nature humaine. L’homme deviendrait intelligent en quelque sorte par une série d’accidents ou par la force des choses ? Toutefois on remarque que l’homme est prédisposé à la chute sinon en force du moins en potentiel, potentiel qui est activé par différents états de la nature.

A ce sujet il y a donc un paradoxe : si Dieu a créé l’homme, Il ne pouvait pas ne pas savoir que l’homme était enclin du fait de sa nature à une dégradation morale et d’autre part les circonstances extérieures ne sont elles les voies que Dieu emprunte ? Chez Rousseau, l’homme se dégrade pour ainsi dire « à l’insu de son plein gré »… Donc où se trouve le péché ?

Quelles sont les étapes de la chute, l’histoire des événements qui ont fait de l’homme un être social ?

L’homme naturel pour assurer sa conservation c’est à dire se défendre et se nourrir va développer des techniques et prendre ainsi conscience de sa supériorité sur le reste de la nature, il devient orgueilleux. Petit à petit, il se rend compte qu’il a des semblables et que « l’union fait la force ». L’homme se sédentarise et acquiert un langage, tout ceci n’étant pas l’oeuvre d’après Rousseau d’un moteur interne mais d’une nécessité externe : les événements naturels (tremblements de terre, inondations…). La propriété s’instaure, la société civile peut naître. « Le premier qui ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. » Parallèlement grâce à ce début de division du travail, l’homme a du temps pour les loisirs, notamment les fêtes ; le jeu des rapports sociaux, vivre et se mirer sous le regard d’autrui, se met en place. Les besoins et les passions afférentes, les objets de désirs, vont se multiplier et l’homme enchaîné par son amour-propre va courir pour acquérir les symboles de la réussite sociale. De naturel, l’homme devient social et pervertit un droit naturel : la liberté.

D’autre part, on pourrait dire que la propriété, en statique, est la source de l’inégalité et que c’est l’amour-propre en tant que passion afférente qui, en dynamique, va pousser à la renforcer.

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A propos Jean-Baptiste Messier

écriture, méditer dans la nuit fraîche sous un pin de la montagne Wu Tang, ceinture noire karate , bouddhisme, rosicrucien, alchimie, nouvelles, taoïsme, zen, astrologie, poésie, la Chine, et une pincée de sensualité ! psychologie, cours par correspondance, pfffiouh la liste s'allonge ! ah science-fiction aussi et puis taï chi !! Qi Qong... voyage, voyage :-)
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18 commentaires pour La chute, la naissance de la société… Rousseau (2)

  1. Sayuri Fleur d'Orient dit :

    Très joli billet qui m’amène à réflexions si tout est matière à jalousie de quelque manière que ce soit, cela ne deviendrait-il pas une psychose ? Voilà la question qui reste en suspend quand je lis ton billet, brillament écris.

    Mais une chose me « dérange » un peu car dans une grande majorité de tes billets tu fais références à l’attachement, que symbolise pour toi cet attachement ? car je crois déceler quelque chose que j’aimerais approfondir….. mais là je reste muette du moins pour le moment 😉

    Je repasserais sans doute, réagir aux commentaires, douce journée et bon week-end 🙂

  2. Attachement désigne le fait d’être ….attaché ^^. Si tu es attachée à un objet, tu perds de la liberté. Imaginons t’es accro aux sucettes à l’anis, hé bien du coup ton comportement tendra à réaliser ton souhait de goûter des sucettes à l’anis. Je dirais même plus ça peut devenir une force agissante en toi, un désir quoi, une contrainte qui influence ton comportement et réduis ton libre arbitre. De même si tu as attachée à la réussite sociale, aux honneurs, tout ton comportement se trouve subordonné à cet attachement. Le problème de l’attachement est que souvent il est inconscient, et nous ne ne rendons pas compte que notre comportement littéralement ne nous appartient plus. La clé réside donc dans la prise de conscience.
    Le bouddhisme évidemment le dit très bien, mais toutes les sagesses d’une manière générale.

    bon week-end 😉

    • Sayuri Fleur d'Orient dit :

      merci pour ces précisions essentielles très cher JB, je voulais avoir ta vision de l’attachement, tu me prends l’exemple des sucrettes à l’anis soit tu me donne le terme je te reprends mot pour mot être accro, le terme accro désigne bien une addiction et une dépendance, or entre dépendence et addiction il y a une différence selon moi dans le comportement, la personne dépendante sera assujettie à une autre donc il y aura subordination. Tandis que l’addiction est une dépendance que l’on ne peut que controler difficilement.
      Mais plus précisément je crois que le libre-arbitre auquel tu fais écho est l’une des clés pour se rendre compte de notion d’attachement, tout comme celui qui est le plus connu celui du cordon ombilical reliant la maman à son bébé et coupé à la naissance, mais qui pourtant reste un lien invisible jusqu’à l’âge adulte.
      Pour finir et pour avoir étudié de plus ou moins loin les grandes lignes des principales religions monothéistes ont y retrouve en effet clairement cette notion de détachement de la valeur matérielle, mais le bouddhisme est celle qui à l’approche la plus contemporaine et la plus tolérante sur ce sujet.

      En tout cas c’est toujours un plaisir avec toi d’échanger, gros bisous et bon week-end 😉

      • il ne s’agit pas forcément de détachement de la valeur matérielle.
        Dans le bouddhisme, le détachement vient d’une réflexion sur l’impermanence, puisque rien ne dure, pourquoi s’attacher ? pourquoi s’attacher à ce sentiment puisque je sais qu’il a un début, un milieu et une fin ? pourquoi s’attacher à ce corps puisque etc ? pourquoi s’attacher à cette douleur puisque etc ?
        et tu peux multiplier les exemples.
        Mais détachement ne veut pas dire indifférence à la vie, puisque parallèlement tu développes une attention à la vie présente qui te permet de mieux la goûter sous toutes ses facettes avec un minimum d’illusions et d’oeillères. Et finalement d’apprendre par toi-même.

        bisous

  3. Drenagoram dit :

    Et bien Espérons 🙂
    Qu’une Série d’Accidents ,
    Vienne enfin éveiller ,
    Les Saisons d’une Conscience.
    L’Irraison de ces Sciences ,
    Qui nous Vendent le Progrès ,
    Comme Des Faits de Bon Temps ,
    Qui serait en Actions ,
    Pour veiller aux Changements ,
    Sous une Bonne Direction ?
    La Liberté serait Choisir ,
    Hélas souvent , bat pas le Droits ,
    Il est des Lois en Contre Autant ,
    Des Equilibres d’une Chute à venir ,
    Qui porte en Soie , le pertinent ,
    L’Etoffe d’une Douce née Autrefois.
    Le Libre Arbitre sait Réfléchir ,
    Mais Ses Reflets dans un Carcan ,
    Le Pousse en Fait à Voir Venir ,
    Sans d’autres Effets ,
    Que faire du Vent.
    L’Homme se retrouve sans Devenir ,
    Un Être semblable , copier Coller ,
    d’un Vieux Modéle encore Courant.
    NéO~

    Vivement l’Ev~olution 🙂

  4. nadouche186 dit :

    Coucou JB
    tu vois je finissais de revoir « Tigres et Dragons », j’adore.
    Je trouve que le bouddhisme à du bon.
    Dès lors que l’on aime quelque chose ou quelqu’un ou devient un peu dépendant.
    Mais je le suis que pour mes enfants en fait, ne plus les voir ou être loin d’eux
    et tout s’effondre ..
    Au fait je venais te dire que sur mon précédent billet, que tu es pas venu visiter
    en passant, lol, il y a un lien sympa qui te plaira je pense.
    Bon week-end, 😉

    • Oui on parle de « lien », de lien amical, amoureux, familial, filial… en quelque sorte un lien oblige. ce n’est pas un jugement de valeur. Il s’agit d’observer. Peut-on ou plutôt doit-on se détacher de tous ces liens ?
      et en parlant de lien, ton « lien » internet est marrant est très parlant.
      bonus : avec tous ces « liens », internet ne nous oblige-t-il pas ?
      (question philo du week-end ^^) internet ne nous enchaîne-t-il pas subrepticement (bbrrr) devant notre écran et sur notre chaise ?
      bon week-end 🙂

  5. LOOFY dit :

    ne dit-on pas que le seul amour fidèle, c’est l’amour propre ? 😉

  6. joe ailes dit :

    coucou! sujet très intêressant mais j’ai pas le temps, désolée, je repars dans le sud cette nuit, chargée comme une mule (bon, ça va hein! LOL!) je suis en plein déménagement, enfin pas tout-à-fait , je serai définitivement sudiste le 20 avril! j’ai eu une fin et un début d’année difficile, d’où mon absence, pas trop envie de raconter ma vie, mais le changement d’air va me faire du bien et j’ai de nouveau envie d’échanger! tu vois, j’ai pas disparu! bon je suis hors sujet là! lol! je papotte, je papotte!!!!
    je pense à toi
    à bientôt, gros bisous
    joe

  7. joe ailes dit :

    je dirai juste que l’on est jaloux quand on manque de confiance en soi et en l’autre aussi!

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